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Entre janvier 2020 et décembre 2024, l'indice genevois des prix à la consommation (IGPC) a augmenté de 5,2 %, avec une variation annuelle moyenne de + 0,9 %. Cette période a été marquée par deux crises : la pandémie de Covid-19, entraînant une déflation en 2020 (- 0,8 %), suivie d'une inflation soutenue à partir de 2022 en raison de la reprise économique et de la guerre en Ukraine (+ 2,5 % en 2022). L'inflation a ensuite ralenti en fin de période (+ 1,9 % en 2023, + 0,7 % en 2024).
Décomposition de l’inflation
La décomposition de l'IGPC selon l'origine des biens montre un impact marqué des produits importés, notamment énergétiques. En 2020, la déflation est surtout imputable à l'appréciation du franc suisse et à la chute des prix du pétrole. L'inflation de 2022 s'explique par la combinaison d'une forte demande post-Covid et de la hausse des prix de l'énergie. En 2022, les produits importés ont augmenté de 6,5 %, alors que le renchérissement sous-jacent (l’indice général hors énergie et produits frais et saisonniers) s'est établi à + 1,6 %. La BNS a réagi par une politique d’appréciation du franc, réduisant l'inflation importée dès fin 2022. En 2023-2024, les prix des biens importés ont baissé (- 1,3 % en 2024), alors que ceux des biens domestiques ont continué de croître (+ 1,3 %).
Comparaison avec la Suisse et d’autres pays
À l'échelle nationale, l'Indice des prix a augmenté de 6,2 % au cours de la même période, soit un point de pourcentage de plus qu'à Genève. Cela s'explique principalement par une plus faible pondération de l'énergie dans le panier genevois (2,9 % contre 3,4 %) et une hausse plus modérée des loyers (+ 7,6 % contre + 9,3 %). À l’étranger, l'inflation a été bien plus élevée : + 5,2 % en France, + 6,9 % en Allemagne, + 8,0 % aux États-Unis en 2022. Ces différences s'expliquent notamment par l’appréciation du franc suisse et des prix déjà élevés en Suisse.
Analyse par groupe de dépenses
Transports, logement et énergie : Ces deux groupes (qui représentent 38 % de l'IGPC) ont connu de fortes fluctuations. En 2020, les prix des carburants et de l’énergie ont nettement reculé, en lien avec la chute des cours pétroliers et la baisse de la demande. À partir de 2022, une forte inflation a touché ces groupes, en raison notamment de la reprise économique et de la guerre en Ukraine, qui ont provoqué des tensions sur les marchés de l’énergie. Le gaz, le mazout, l’électricité et le bois de chauffage ont tous vu leurs prix augmenter fortement. En revanche, le loyer du logement a progressé plus lentement et de manière plus régulière. En fin de période, bien que certaines composantes énergétiques aient commencé à baisser, les niveaux de prix restent nettement supérieurs à ceux d’avant-crise, suggérant un changement durable de régime, avec de nouveaux paliers de prix établis.
Restaurants et hôtels : Après une relative stagnation en 2020 due aux restrictions sanitaires, les prix de ce groupe ont connu une hausse continue entre 2021 et 2024. Ce mouvement reflète à la fois le rebond de la demande et la hausse des coûts d’exploitation, notamment alimentaires et énergétiques. En fin de période, malgré un ralentissement de l’inflation, les prix se fixent à des niveaux plus élevés qu’avant les crises, ce qui suggère une répercussion durable des hausses de coûts dans les tarifs pratiqués par le secteur.
Loisirs et culture : Ce groupe a d’abord enregistré une baisse des prix entre 2020 et 2021, principalement due à l’effondrement du tourisme et aux restrictions sur les activités culturelles. À partir de 2022, les prix ont fortement augmenté, en particulier pour les prestations liées aux voyages à forfait, portées par le redémarrage du tourisme international et une offre encore limitée. En 2024, bien que l’inflation ait ralenti, les prix demeurent à des niveaux plus élevés qu’avant 2020, indiquant là aussi un possible changement de régime dans les dynamiques de prix.
Habillement et chaussures : Après des baisses de prix importantes en 2020, les prix ont évolué modérément jusqu’en 2023, suivant une dynamique de reprise de la demande. En 2024, une nouvelle baisse s’est amorcée, traduisant un possible effet de correction. Contrairement à d’autres groupes, les prix dans ce secteur sont revenus à des niveaux proches, bien que légèrement supérieurs, à ceux de 2019.
Équipement et entretien ménager : Ce groupe a connu une hausse importante au début de la période post-Covid, en raison d’une demande accrue pour l’ameublement et les produits domestiques. Cette inflation s’explique aussi par l’augmentation des coûts des matières premières. En 2024, les prix de ce groupe ont reculé, reflétant la normalisation progressive des chaînes d’approvisionnement. En fin de période, les niveaux de prix sont revenus à proximité de leur tendance historique, indiquant une atténuation des effets de crise.
Alimentation et boissons : Alors que les prix étaient restés stables au début de la pandémie, une phase de baisse s’est enclenchée en 2021, suivie d’une forte inflation à partir de 2022. Cette hausse est essentiellement due à des perturbations et des hausses de coûts de production. En 2024, les prix se sont stabilisés, mais à un niveau nettement supérieur à celui d’avant-crise, ce qui suggère également un possible changement de palier dans ce secteur.
Santé et communications : Les prix du groupe santé (sans les primes d’assurance-maladie) ont continué de diminuer, portés par la baisse structurelle des médicaments et du matériel sanitaire amorcée depuis deux décennies, en lien avec les politiques de maîtrise des coûts. Le groupe communications a également prolongé son repli structurel durant la période 2020-2024. Les prix de ces deux groupes semblent avoir été largement épargnés par les chocs de cette période.